🧧 Du travail, encore du travail
Trois quarts de siècle séparent Ginza Cosmetics et La Fille du Konbini, deux films japonais aux héroïnes travailleuses en quête d'émancipation.
Cette semaine, les femmes de cinéma prennent leur destin en main. Nozomi quitte son emploi de bureau dans La Fille du Konbini de Yuho Ishibashi. Hicran fuit un mariage arrangé dans Hayat de Zeki Demirkubuz. Setsuko travaille dur pour faire vivre son fils dans Ginza Cosmetics de Mikio Naruse. Motoko mène l'enquête dans le Tokyo futuriste du Ghost in the Shell de Mamoru Oshii. Shu Qi est en lice pour le Hong Kong Film Award de la meilleure réalisation et Yukiko Sode fait son entrée dans la sélection Un Certain regard du Festival de Cannes. Bref, bravo les femmes !
🗓️ PLANNING CLAIR POUR SALLES OBSCURES
Votre rubrique dédiée aux sorties de la semaine (la semaine qui arrive, mercredi qui vient là, ce mercredi, dans un cinéma près de chez vous !)

Supérette City - Art House continue de sortir les films des Saisons Hanabi avec une régularité métronomique. Cette semaine, c'est au tour de La Fille du Konbini de la réalisatrice Yuho Ishibashi. Dans ce court drame social d'à peine 76 minutes, la jeune Nozomi (Erika Karata) quitte son emploi de bureau pour travailler dans une épicerie de quartier. Toujours hantée par la pression subie chez son ancien employeur, elle mène une vie ordinaire ponctuée de petits moments de joie. C'est une tranche de vie qui ne sait pas trop sur quel pied danser politiquement parlant, mais la photographie est très jolie et séduira assurément une bonne partie des fans de cinéma japonais contemporain.

Déjà mal mariée - Dans Hayat de Zeki Demirkubuz, la jeune Hicran quitte son village pour Istanbul dans l'espoir d'échapper à un mariage arrangé. De son côté, son fiancé Riza part à sa poursuite. Tourné en 2021 et fruit de nombreuses années de travail, le film a connu un certain succès en Turquie et s'apprête enfin à sortir en France à la faveur de Damned Distribution, qui nous avait déjà proposé le fort sympathique film kazakh Abel en janvier dernier.
🙇♀️ PIÉTÉ FILIALE
C'est la rubrique consacrée aux rétrospectives, aux cycles thématiques et aux classiques en tous genres : le cinéma de patrimoine, si vous préférez.

À Ginza, c'est la daronne qui te met à l'abri - Je devrais renommer cette rubrique Drive My Carlotta tant le distributeur s'avère prolifique en matière de cinéma de patrimoine. Cette semaine, Ginza Cosmetics de Mikio Naruse arrive dans les salles françaises, 75 ans après sa sortie au Japon. On y retrouve la célèbre actrice Kinuyo Tanaka dans le rôle d'une mère célibataire qui essaie tant bien que mal de joindre les deux bouts dans le Tokyo d'après-guerre.
🏆 L'APPLAUDIMÈTRE
Toute l'actu des festivals de cinéma, petits et grands, avec un minutage extrêmement précis des standing ovations (non)

Envie de Canner - C'est la Grand-Messe des cinéphiles : chaque année, Thierry Frémaux et Iris Knobloch donnent rendez-vous à la presse pour annoncer la liste des films sélectionnés pour le Festival de Cannes. Au terme d'une longue heure à guetter les noms de nos cinéastes favori·tes dans le décorum un peu hors-sol du Pathé Palace de Paris, le constat est agréable : l'Asie est plutôt bien représentée dans cette édition 2026 ! Na Hong-jin, Koji Fukada, Hirokazu Kore-eda, Ryusuke Hamaguchi et Asghar Farhadi seront en compétition pour la Palme d'or tandis que Kiyoshi Kurosawa, Pegah Ahangarani et Yeon Sang-ho présenteront leurs films lors de diverses séances spéciales. Du côté de la sélection Un certain regard, nous pourrons retrouver le cinéaste népalais Abinash Bikram Shah à qui l'on doit déjà le scénario du superbe Shambhala, ainsi que Yukiko Sode, la réalisatrice du superbe Aristocrats, avec son adaptation de De toutes les nuits les amants, un roman de l'autrice japonaise Mieko Kawakami. Il ne reste plus qu'à attendre le 12 mai pour l'ouverture du festival et quelques semaines de plus pour les séances de rattrapage un peu partout en France !

Une cérémonie réduite à néon - Plus qu'une semaine à attendre avant de connaître les noms des lauréat·es des Hong Kong Film Awards. Si la prestigieuse cérémonie a quelque peu perdu de sa superbe depuis que l'ingérence chinoise se fait de moins en moins discrète, elle rassemble toujours autant de vielles gloires. Cette année, c'est le désastreux Sons of the Neon Night du richissime Juno Mak qui est le grand favori après avoir été nommé une douzaine de fois. Ici, on allume un cierge pour Shu Qi, nommée dans la catégorie meilleure réalisation pour son premier film derrière la caméra : Girl. Verdict dimanche prochain !
🌏 À L'EST, QUOI DE NOUVEAU ?
Des annonces de sorties lointaines, très lointaines... Mais on espère qu'elles se rapprochent rapidement !

Tank il y aura des salles de cinéma - Ghost in the Shell fera sera grand retour au cinéma le 10 juin prochain dans une version restaurée en 4K. Son distributeur AllTheAnime a également annoncé qu'une VF inédite en 5.1 serait disponible pour l'occasion. Par ailleurs, le Blu-ray 4K sera commercialisé à partir du 17 juin et vous pouvez d'ores et déjà commander le joli SteelBook à prix d'or. Bon, c'est bien gentil tout ça, mais maintenant ce serait chouette d'enfin sortir The Colors Within de Naoko Yamada, s'il vous plaît.
🎶 SONGBAO
On termine cette infolettre comme elle a commencé, avec une femme. Aujourd'hui, je vous propose de découvrir le thème d'Eiko Ishibashi pour Le Mal n'existe pas de Ryusuke Hamaguchi. J'espère que vous aimez les cordes lancinantes et les grandes forêts sombres. Excellente semaine à tous·tes et portez vous bien !
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