🧧 Virginie Katsu
Cette semaine, la franco-belge préférée des cinéphiles soigne les corps et les cœurs sous l'objectif de Ryusuke Hamaguchi.
On l'attendait avec impatience : le nouveau film de Ryusuke Hamaguchi, cinéaste japonais derrière Drive My Car ou plus récemment Le Mal n'existe pas, arrive cette semaine sur nos écrans de cinéma. Soudain, c'est son titre, raconte la belle histoire d'amitié entre une directrice de centre de soins (Virginie Efira) et sa patiente (Tao Okamoto). Toujours en provenance de l'archipel, signalons également l'arrivée du film d'animation Une aube nouvelle, réalisé par le peintre Yoshitoshi Shinomiya. Mais l'été, c'est aussi la saison où les distributeurs sortent les films de patrimoine de la naphtaline, qu'ils soient indiens, japonais ou sud-coréens : je vous liste tout ça un peu plus bas. On prendra aussi le temps de rendre hommage à une icône du cinéma hongkongais qui nous a quitté·es ce mardi ; les disparitions se succèdent malheureusement depuis quelques semaines. Pour finir, je vous invite à écouter notre nouvel épisode de WŎMEN consacré à Liz et l'oiseau bleu de Naoko Yamada.
🗓️ PLANNING CLAIR POUR SALLES OBSCURES
Votre rubrique dédiée aux sorties de la semaine (la semaine qui arrive, mercredi qui vient là, ce mercredi, dans un cinéma près de chez vous !)

Hamagauchiste - C'est peu de dire que le nouveau film de Ryusuke Hamaguchi était attendu. Entre l'Oscar de Drive My Car et l'engouement généralisé autour de Virginie Efira depuis quinze ans, Soudain partait avec une longueur d'avance. Dans ce drame de plus de trois heures, une femme atteinte d'un cancer va se lier d'amitié avec la directrice d'une maison de soins. Ensemble, elles vont entrer en résistance contre un système qui ostracise les malades. Si vous voulez lire l'avis de quelqu'un qui a vu et aimé le film, allez donc lire la critique de Juliette sur Cinématraque !

On se fait une toile de maître ? - Sacré par le prix du jury Contrechamp en juin dernier au festival d'Annecy, Une aube nouvelle est un film d'animation réalisé par l'artiste peintre Yoshitoshi Shinomiya, dont c'est le tout premier long métrage. Au programme : une belle histoire d'amitié sur fond de fable écologique et le plaisir de retrouver Riku Hagiwara (Sous le ciel de Kyoto) dans le rôle principal. Curieuse de le découvrir en salle !
🙇♀️ PIÉTÉ FILIALE
C'est la rubrique consacrée aux rétrospectives, aux cycles thématiques et aux classiques en tous genres : le cinéma de patrimoine, si vous préférez.

Silence, ça frousse ! - En 1998, Kim Jee-woon réalisait son tout premier film, The Quiet Family, une comédie noire qui peut aujourd'hui s'enorgueillir d'avoir offert leurs premiers rôles majeurs à deux mastodontes du cinéma sud-coréen : Choi Min-sik et Song Kang-ho. C'est l'histoire d'une drôle de famille qui décide d'ouvrir une maison d'hôtes à flanc de montagne. Malheureusement, leur premier client ne passe pas la nuit. Plutôt que de signaler le décès, les tenanciers préfèrent cacher le corps pour ne pas effrayer leurs prochains clients. Petit à petit, les corps s'empilent et la famille s'entredéchire pour notre plus grand plaisir. On remercie Splendor Films pour cette sortie en salle inespérée !

Belle-Île-en-Muette - Nous sommes en l'an 2000 et le cinéma sud-coréen reste une industrie modeste et peu connue du reste du monde. C'était sans compter sur le réalisateur Kim Ki-duk et sur son son ode au malaise : L'Île. Nul n'est prophète en son pays et si le film fait la tournée des festivals, il ne rencontre toutefois pas le succès en Corée du Sud à cause de sa violence, notamment envers les animaux, et de scènes particulièrement choquantes. Si vous souhaitez tout de même replonger dans ce que le cinéma sud-coréen a créé de plus malaisant, ça sort de nouveau en salle cette semaine. On suit le quotidien d'une jeune femme mutique et violente, et de l'élu de son cœur, un repris de justice suicidaire : tout un programme.

Un, deux, trois, soleil levant ! - Allez, vous reprendrez bien un peu d'Akira Kurosawa ? Carlotta Films débute cette semaine une rétrospective de trois films de l'illustre cinéaste japonais, restaurés pour l'occasion, avec le célèbre acteur Toshiro Mifune dans le rôle principal. C'est l'occasion de découvrir ces films cultes dans les meilleures conditions : Le Château de l'araignée, La Forteresse cachée et Sanjuro. Enfin dans les meilleurs conditions sous réserve que ce ne soit pas sur les sièges du Champo ou dans les salles sans clim' du mk2 Beaubourg ; on se comprend.

Le Quatre à l'affiche - Dans la famille "rétrospective qu'on n'attendait pas", je demande le cycle de quatre films de Yoshimitsu Morita distribués par Eurozoom. Largement ignoré par la presse française pendant sa longue carrière, le cinéaste a tout de même réalisé plus de vingt films, donc quatre seront à découvrir en salle à partir du 19 août : Main Theme, Lost Paradise, The Black House et South Bound.

Quatre garçons dans le Jharkhand - Carlotta Films poursuit son exploitation du cinéma de patrimoine indien avec Des jours et des nuits dans la forêt de Satyajit Ray, qui revient en salle à la mi août. On y suit les aventures badines de la jeunesse bourgeoise indienne des années 1970. Comme je n'en sais pas beaucoup plus, j'en profite pour vous recommander le beau livre d'Amandine (et d'Eva Markovits) sur l'univers visuel de Satyajit Ray : 900 pages de photos, de dessins et de textes pour découvrir l’œuvre du plus célèbre des cinéastes bengalis.
⬛ IN MEMORIAM
Voici la rubrique nécrologique de la semaine : une pensée aux disparu·es et à celleux qui restent.

Grace Chang - Hong Kong est à nouveau endeuillée : la chanteuse et comédienne Grace Chang est décédée ce mardi à l'âge de 93 ans. Elle s'était fait connaître dans les films en mandarin des années 1950. Au sommet de sa célébrité, elle a interprété le premier rôle de la comédie musicale The Wild, Wild Rose de Wong Tin-lam, qui avait bénéficié d'une jolie restauration par la Hong Kong Film Archive. Elle restera une icône du divertissement de cette époque, dont les chansons irriguent encore la la culture populaire sinophone plus de soixante ans après la fin de sa carrière.
🫵 C'EST VOUS LE PRODUIT
C'était inévitable : j'allais bien finir par monétiser cette petite entreprise. Non, en réalité, c'est une rubrique pour faire la publicité d'un truc auquel je participe, genre un podcast, au hasard.

Naoko Yamada nous prend par les anches - Pas de répit pour l'équipe de votre podcast favori : ce mois-ci, WŎMEN revient sur Liz et l'oiseau bleu de Naoko Yamada, en compagnie de Renaud de Cinématraque qui nous fait l'honneur de son expertise. Dans ce film d'animation, deux jeunes filles font leurs adieux au club de musique du lycée et peut-être même à leur amitié aussi profonde qu'éphémère.
🎶 SONGBAO
On se quitte en musique comme chaque semaine avec l'excellent Wii Date de City Girl qui, croyez-le ou non, fête déjà ses cinq ans. Comme je vous le disais un peu plus haut, je ne vous retrouve exceptionnellement que dans deux semaines car je vais prendre de petites vacances. Je vous donne donc rendez-vous le 23 août pour la prochaine édition de votre infolettre préférée. Notez par ailleurs qu'un nouvel épisode de DIS-COR-DIA consacré à Takeshi Kitano devrait arriver dès demain. Excellente fin de week-end et à bientôt pour de nouvelles aventures cinéphiles !
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